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PIVO

Témoignages

8 retours d'expérience, sans coupe au montage

Des sportifs à différentes phases du parcours, trois kinésithérapeutes de la zone de lancement, et un chirurgien orthopédiste. Y compris quand ce qu'ils disent ne nous arrange pas.
Profil
Sport
Phase

8 témoignages sur 8

SportifHandballM4 à M9Villeurbanne

Je voyais enfin ce qui se passait entre deux séances

« Pendant quatre mois, ma seule information c'était ce que mon kiné me disait le mardi. Le reste du temps, je travaillais à l'aveugle. »

J'ai rompu mon croisé en janvier sur un appui, sans contact, en fin de match. Opération trois semaines plus tard, greffe aux ischio-jambiers.

Ce qui m'a le plus pesé, ce n'est pas la douleur, c'est le vide. Deux séances par semaine au cabinet, et entre les deux je faisais mes exercices en me demandant si je les faisais bien, si je forçais trop, ou pas assez.

Avec la genouillère, je vois mon amplitude monter séance après séance. Quand j'ai un jour moins bon, je le vois aussi, et ça m'évite de paniquer. Mon kiné arrive au rendez-vous en sachant déjà ce que j'ai fait.

Je ne suis pas encore revenue en compétition. On en reparle à la consultation de contrôle avec le chirurgien.

Séances à domicile réalisées

94 %

Camille R.Sportif, 24 ans, Villeurbanne
SportifSki alpinM9 et retour au sportSallanches

Reskier, oui, mais pas parce que neuf mois étaient passés

« Mon chirurgien m'a dit : neuf mois. Je voulais savoir sur quoi il se basait. Là, j'ai eu des chiffres. »

Rupture en février sur une carre qui accroche, la classique. Je suis moniteur, ma saison suivante en dépendait.

Ce que je voulais éviter, c'était de reprendre parce que le calendrier disait que c'était bon. J'avais deux collègues qui s'étaient reblessés dans l'année après leur reprise.

Les tests de sauts refaits tous les mois m'ont donné une image nette : ma jambe opérée est restée à 78 % de l'autre pendant longtemps, et je m'en serais rendu compte de rien tout seul.

La décision de reprendre le ski, c'est mon chirurgien qui l'a prise, avec le compte rendu sous les yeux. Ça change tout d'arriver à ce rendez-vous avec des mesures plutôt qu'avec une impression.

Symétrie au single hop à M9

94 %

Thomas B.Sportif, 31 ans, Sallanches
SportifFootballJ45 à M4Échirolles

À 19 ans, on me répétait que j'étais la plus à risque

« On m'a dit que les moins de 25 ans se reblessent le plus. Ça m'a fait peur, puis ça m'a rendue rigoureuse. »

J'étais en pôle espoir quand ça a lâché. Opérée en octobre, je suis en pleine phase de reconstruction musculaire.

Le chiffre qui m'a marquée, c'est 23 % de seconde lésion chez les jeunes qui reprennent le sport. Mon kiné me l'a expliqué franchement plutôt que de me rassurer à vide.

Ce qui m'aide, c'est que la progression est visible. Je récupère vite ma force, et j'ai appris que c'est justement un piège : aller vite ne veut pas dire être prête.

Je reprends la course la semaine prochaine, sur des critères validés au cabinet.

Symétrie quadriceps à M4

71 %

Sofia M.Sportif, 19 ans, Échirolles
SportifRugbyPréhabilitationLyon

Six semaines de préparation avant le bloc

« Je pensais qu'avant l'opération il n'y avait rien à faire qu'attendre. C'était faux. »

Rupture en novembre, opération programmée six semaines plus tard le temps que le genou dégonfle.

Mon chirurgien voulait un genou sec et une extension complète avant d'opérer. Mon kiné m'a mis sur un programme, et j'ai suivi ça avec la genouillère.

L'intérêt, c'est que je pouvais vérifier chaque jour que j'atteignais bien l'extension complète, sans me raconter d'histoires.

Je suis passé au bloc avec un genou en état. On m'a dit que ça compterait pour la suite.

Séances de préhabilitation

14

Yanis K.Sportif, 27 ans, Lyon
KinésithérapeuteM4 à M9Grenoble

Le gain, c'est de ne plus passer dix minutes à reconstituer la semaine

« Avant, je commençais chaque séance par un interrogatoire. Maintenant j'ouvre la courbe et j'attaque. »

Je suis kinésithérapeute libérale, environ 110 patients LCA par an, dont une grosse partie l'hiver.

Le problème n'a jamais été le savoir-faire, c'est l'information. Entre deux séances, je ne savais rien. Le patient me disait qu'il avait fait ses exercices, et je n'avais aucun moyen de le vérifier ni de le contredire.

Ce qui a changé, c'est la préparation de la séance. Avant, je passais dix minutes à reconstituer la quinzaine avec le patient. Maintenant j'ouvre son dossier avant qu'il entre, je vois les jours sans et je démarre sur le vrai sujet.

Le temps gagné, je le mets dans l'accompagnement. Et j'envoie un compte rendu au chirurgien sans le rédiger moi-même.

Temps gagné par séance

8 minutes

Claire VasseurKinésithérapeute, Grenoble
KinésithérapeuteM9 et retour au sportAnnecy

Je ne signe plus de reprise sur une impression

« Un patient qui se sent bien et un patient qui est prêt, ce ne sont pas les mêmes personnes. »

En saison, je vois beaucoup de skieurs et de traileurs. La demande est toujours la même : quand est-ce que je peux y retourner.

Ce que la littérature dit là-dessus est inconfortable : les patients qui se reblessent avaient souvent un meilleur score de confiance et étaient revenus plus tôt. La confiance ne protège pas.

Avoir une batterie de tests refaite dans les mêmes conditions, historisée, ça me permet de montrer au patient où il en est plutôt que de le convaincre.

Et quand tous les critères sont remplis, c'est aussi plus simple d'en discuter avec le chirurgien.

Patients LCA suivis par an

95

Marc DelaunayKinésithérapeute, Annecy
KinésithérapeuteJ45 à M4Cluses

Dans la vallée, les patients viennent de loin

« Certains font quarante minutes de route. Ce qu'ils font chez eux compte au moins autant que ce qu'on fait ici. »

Je travaille dans la vallée de l'Arve. En hiver, la file de patients LCA double, et une partie vient des stations.

La contrainte principale, c'est la distance. Deux séances par semaine, ce n'est pas toujours tenable, et le travail à domicile devient central.

Voir ce qui est réellement fait entre deux rendez-vous m'a permis d'ajuster les programmes, notamment de réduire chez ceux qui en faisaient trop.

C'est un point que je ne soupçonnais pas : le surdosage est aussi fréquent que le sous-dosage.

Patients LCA suivis par an

67

Nadia BelhajKinésithérapeute, Cluses
ChirurgienM9 et retour au sportLyon

À la consultation de contrôle, j'ai enfin autre chose qu'un examen clinique

« Je décide d'un retour au sport en quinze minutes de consultation. Toute information objective est bonne à prendre. »

Chirurgien orthopédiste, activité majoritairement ligamentaire du genou.

Le point aveugle du suivi post-opératoire, c'est ce qui se passe entre la sortie de bloc et la consultation du sixième ou du neuvième mois. Je vois le patient trois ou quatre fois sur l'année.

Recevoir un compte rendu daté, avec l'évolution de l'amplitude, de l'assiduité réelle et des tests de saut, ne change pas ma décision de façon mécanique. Ça la documente.

Je tiens à un point : l'outil ne recommande rien. Il mesure. La décision reste médicale, et c'est la seule position tenable.

Ligamentoplasties par an

180

Dr Antoine RouvierChirurgien, Lyon

Comment ces témoignages sont recueillis

  • Ils sont recueillis en entretien, relus et validés par la personne avant publication.
  • Aucune contrepartie financière ni remise n'est accordée en échange.
  • Aucun témoignage ne comporte de promesse de résultat, de délai de reprise ou de guérison : la réglementation l'interdit et nous y tenons.
  • Les prénoms sont réduits à l'initiale du nom à la demande des personnes concernées.

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